Aujourd'hui
Nouvelle de Thalie
Cette nouvelle est un peu longue, c'est pour cela qu'elle est contenue dans un Spoiler. Cliquez sur le bouton pour pouvoir la lire ;)
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« Ça fait un mois. Un mois exactement, jour pour jour. Un mois que je ne le vois plus, un mois qui n’a été que l’aperçu d’une éternité. Car cette période n’a pas de date de péremption écrite sur le couvercle, en haut à gauche. Un mois qui sera toute la vie, MA vie. Un mois où il n’était pas là, une vie sans lui. Ça vous parait long n’est-ce pas, mais quel est votre impression par rapport à la mienne ? C’est comme si on comparait un néant à l’infini, un rien à un tout. Vous ne pouvez pas imaginer une véritable réalité.
De toute façon personne ne peut imaginer une véritable réalité à part moi, et encore. C’est tellement horrible, tellement… inimaginable.
pas de « changements dans ma vie » il n’y a que une vie tout-à-fait différente. Ce n’est pas comme les maths vous savez, la vie est tout sauf des mathématiques. Ma vie n’est pas une équation telle que :
Vie d’avant – x = vie d’aujourd’hui
Il y a ma vie d’avant ET ma vie d’aujourd’hui. Ils y a des gens dans le monde qui pense que l’univers n’est en fait que des maths, que l’on peut tout résoudre avec des calculs mais c’est faux. Et puis si c’était vrai, alors tout ne serait pas aussi complexe.
Aujourd’hui ma famille essaye de supprimer toutes les photos où il apparait. Mais à quoi ça sert ? A oublier ? De toute façon on ne peut pas oublier, c’est impossible. Alors, à quoi bon ? Il ne faut pas vouloir oublier, il faut vouloir vivre avec ce manque. Et moi de toute façon, je ne peux pas vivre sans lui, alors il faut arrêter de vouloir supprimer toutes traces de son passage sur Terre. Il faut arrêter, si je n’ai plus d’image de lui, comment voulez-vous que je n’ai pas peur d’oublier son visage. Sa manière de s’habiller, ses expressions, je veux tout retenir. Je dois tout retenir pour continuer à vivre avec un semblant d’avant. Sinon je deviendrais folle.
Je vous parle mais que pouvez-vous faire ? Vous ne me connaissez pas. Vous prononcez ces mot « Allez-y, racontez moi ce que vous voulez, même des choses futiles, mais ne laissez pas des mots gardés pour vous vous entraver » mille fois par jour. Vous demandez « Parlez-moi de vous », vous posez des questions à vos clients, et puis vous pensez les connaître. Mais c’est faux, on ne peut pas connaître quelqu’un comme ça. Vous dites « hum, je vois » où « allez-y, continuez » mais le voulez-vous vraiment ? Ce n’est que votre travail, vous faites ça pour gagner votre vie. Je ne vous le reproche pas d’ailleurs. Mais vous me dites « Je comprends » alors que c’est faux ! Personne ne me comprend, je suis la seule à le pouvoir.
Je suis seule.
La perte est irrémédiable. Vous perdez votre bague, tant pis vous vous en rachèterez une, ce n’est pas si grave. Vous perdez votre chien, mais il était vieux, tout le monde meurt un jour, alors vous allez en adopter un autre à la SPA. Vous perdez votre enfant, et là le médecin bienveillant vous dit : «Votre bébé était irremplaçable. Mais je pense que la seule chose à faire, pour vous en remettre, c’est d’avoir un autre enfant. » Vous perdez votre jeune femme alors un médecin pourrait aussi vous dire : «Votre femme était irremplaçable. Mais je pense que la seule chose à faire, pour vous en remettre, c’est de retomber amoureux. »
Mais moi j’ai perdu mon père, personne ne me dira rien, parce que pourrait-on me dire : «Votre père était irremplaçable. Mais je pense que la seule chose à faire, pour vous en remettre, c’est d’en trouver un autre. » ?
Vous pourriez me dire que la mort fait partie du cycle de la vie, que tout le monde meurt un jour. Mais je vous répondrais que la mort NATURELLE fait partie du cycle de la vie ! Je ne suis qu’une adolescente, plus personne ne devrait vivre ce que je vis. On ne meurt plus à 42 ans, aujourd’hui 42 ans n’est que la moitié de votre vie !
Tout le monde me dit que je dois surmonter ma peine, mais qu’est-ce qu’on attend de moi ? Que ça ne me fasse rien ? Que je pleure un jour puis que je dise : « de toute façon il est mort, il ne reviendra pas, alors je passe ». Mais je n’ai pas de joker vous comprenez. Je ne peux pas crier « Pouce ! » ou « Dix ! », comme lorsque j’étais petite, il n’y a pas de bouton « down » pour remonter le temps. Ce n’est pas un jeu qu’on peut recommencer, c’est une vie ! Une vie, et je n’en ai qu’une. Et lui aussi n’en avait qu’une.
Il est mort, mais vous ne pouvez pas comprendre, c’était mon père pas le vôtre…
Et puis ça choque tout le monde que j’emploie le mot « mort ». Ils préfèrent tous dire « il est parti », « il est loin », « il n’est plus là », ils trouvent que c’est moins choquant, moins violent. Surtout devant mon petit frère de 5 ans. Mais qu’est-ce que ça change de dire la vérité ? D’employer les mots justes ? Vous croyez que contourner la réalité par des mots va atténuer les faits ? Vous croyez que mon frère n’a pas compris ? De toute façon, ça ne sert à rien de cacher les choses. On croit toujours que les petits comprennent moins vite, mais en général c’est faux, ils se rendent compte des choses qu’on leur cache. Et ça leur fait encore plus mal. Moi je lui ai tout expliqué. Ça ne sert à rien de remettre au lendemain à chaque fois. Et il a compris ce qu’il savait déjà.
Vous savez je ne suis pas là parce que j’avais envie de venir. On a pensé que forcément, j’étais mal dans la tête et que venir chez un psychologue me ferait du bien. On a pensé que tout raconter à un inconnu m’aiderait. On a pensé bêtement. Vous ne pouvez pas m’aider. Je suis la seule à pouvoir le faire excepté mon frère. Heureusement qu’il est là d’ailleurs parce que sans lui je ne pourrais rien faire. Et pourtant il est si fragile, si innocent. Sa joie de vivre ne tient qu’à un fil, il ne devrait pas avoir à vivre cela, c’est injuste. Oui me diriez-vous, mais la vie est parfois injuste. Peut-être, mais pas lui, il ne le mérite pas. Moi je peux résister mais lui il finira par s’effondrer si on ne fait rien contre. Ce n’est pas une vie ça, pas une vie…
Peut-être que si j’étais quelqu’un d’autre, je regarderais les gens dans la rue, et je penserais « Pourquoi moi ? Pourquoi moi et pas elle, ou lui, ou tous ? » et je me lamenterais sur mon sort. Peut-être que si j’étais quelqu’un d’autre je souhaiterais que ça arrive à mon pire ennemi. Mais je ne suis pas quelqu’un d’autre et je ne souhaite cela à personne, même le plus pourri du monde ne mérite pas ça. Ce n’est pas une douleur qu’on devrait de subir. C’est tellement inhumain.
Maintenant on ne me regarde plus pareil. Les gens se disent « la pauvre, elle est si jeune et elle a perdu son père. » Ils m’observent avec pitié. Leurs paroles sont mielleuses, elles sont différentes, ils surveillent leurs mots. Ils dégoulinent de gentillesse écœurante. Seul mes proches et mes vrais amis ont compris qu’il n’y a rien à changer de nos relations d’avant. Tous les autres me dégoutent avec leurs manières faussement attentionnées. Certains sont même alléchés par ce genre d’événement, ils veulent tous savoir des petits détails « croustillants ». La société d’aujourd’hui est friande de faits divers. Les journaux annoncent avec fierté leurs scoops : les meurtres de nouveaux nés congelés par leur mère, le fils qui tue toute sa famille, l’amoureux qui tabasse son ex. Mais franchement qu’est-ce qu’on s’en FOU ! Laissons donc ces pauvres gens et leur vie privé ! Le dicton qui dit « Le malheur des uns fait le bonheur des autres. » n’est pas un hasard. Des gens se remplissent la panse de ce genre d’actualité, et j‘ai envie de leur crier « Le malheur du monde ne vous suffira donc jamais, tout cela ne vous fait pas peur ? Vous savez ça n’arrive pas qu’aux autres ! » Les commères sont à vomir et on les encourage. Qu’est-ce que tout ça peut bien apporter à quelqu’un ? A quoi ça sert de médiatiser ces événements ?
A l’enterrement, quelqu’un est venu demander si l’urne serait en marbre et de quelle couleur, et de quelle taille et où elle sera placée s’il vous plait merci et que lui il l’aurait plutôt fait blanche et un peu plus grande. Et là, alors que maman pleurait presque, en répondant et en écoutant, là je n’ai pas pu me retenir. Je lui ai envoyé à la gueule qu’on s’en tapait, que franchement qu’est-ce que ça pourrait bien faire, qu’il ne pouvait pas juste se taire et avoir un peu de respect pour ma mère, qu’il ne voyait pas qu’elle souffrait le martyr, et puis qu’est-ce qu’il faisait là d’abord à part se repaitre de notre malheur, qu’il ne connaissait pas mon père, il ne lui avait parlé que trois fois dans sa vie alors qu’il parte, mais qu’il parte !
Et puis je me suis calmée. L’homme m’a lancé un regard qui disait « Pauvre fille, elle est perturbée. » puis il a regardé maman et, voyant qu’elle ne faisait rien pour contredire ma crise et le retenir, il est parti. Et j’ai regretté de m’être emportée, d’avoir craqué pour cet homme qui n’en valait pas la peine, qui ne pouvait pas comprendre et qui ne comprendrait jamais.
Aujourd’hui, je me contiens face à ce genre de personne. Aujourd’hui, je comprends un peu mieux le monde. Aujourd’hui, je voudrais qu’on arrête de s’inquiéter pour moi. Aujourd’hui je ne suis pas comme tous les autres, j’ai juste vécu un peu plus de choses que la plus part, mais il ne faut pas en tenir compte. Aujourd’hui j’ai un père que j’aime et j’en aurais toujours un, même s’il est mort. Aujourd’hui je vis normalement, comme avant, parce que c’est ce qu’il aurait voulu. Alors je pense que la moindre des choses à faire pour vous c’est de me considérer comme telle. »
De toute façon personne ne peut imaginer une véritable réalité à part moi, et encore. C’est tellement horrible, tellement… inimaginable.
pas de « changements dans ma vie » il n’y a que une vie tout-à-fait différente. Ce n’est pas comme les maths vous savez, la vie est tout sauf des mathématiques. Ma vie n’est pas une équation telle que :
Vie d’avant – x = vie d’aujourd’hui
Il y a ma vie d’avant ET ma vie d’aujourd’hui. Ils y a des gens dans le monde qui pense que l’univers n’est en fait que des maths, que l’on peut tout résoudre avec des calculs mais c’est faux. Et puis si c’était vrai, alors tout ne serait pas aussi complexe.
Aujourd’hui ma famille essaye de supprimer toutes les photos où il apparait. Mais à quoi ça sert ? A oublier ? De toute façon on ne peut pas oublier, c’est impossible. Alors, à quoi bon ? Il ne faut pas vouloir oublier, il faut vouloir vivre avec ce manque. Et moi de toute façon, je ne peux pas vivre sans lui, alors il faut arrêter de vouloir supprimer toutes traces de son passage sur Terre. Il faut arrêter, si je n’ai plus d’image de lui, comment voulez-vous que je n’ai pas peur d’oublier son visage. Sa manière de s’habiller, ses expressions, je veux tout retenir. Je dois tout retenir pour continuer à vivre avec un semblant d’avant. Sinon je deviendrais folle.
Je vous parle mais que pouvez-vous faire ? Vous ne me connaissez pas. Vous prononcez ces mot « Allez-y, racontez moi ce que vous voulez, même des choses futiles, mais ne laissez pas des mots gardés pour vous vous entraver » mille fois par jour. Vous demandez « Parlez-moi de vous », vous posez des questions à vos clients, et puis vous pensez les connaître. Mais c’est faux, on ne peut pas connaître quelqu’un comme ça. Vous dites « hum, je vois » où « allez-y, continuez » mais le voulez-vous vraiment ? Ce n’est que votre travail, vous faites ça pour gagner votre vie. Je ne vous le reproche pas d’ailleurs. Mais vous me dites « Je comprends » alors que c’est faux ! Personne ne me comprend, je suis la seule à le pouvoir.
Je suis seule.
La perte est irrémédiable. Vous perdez votre bague, tant pis vous vous en rachèterez une, ce n’est pas si grave. Vous perdez votre chien, mais il était vieux, tout le monde meurt un jour, alors vous allez en adopter un autre à la SPA. Vous perdez votre enfant, et là le médecin bienveillant vous dit : «Votre bébé était irremplaçable. Mais je pense que la seule chose à faire, pour vous en remettre, c’est d’avoir un autre enfant. » Vous perdez votre jeune femme alors un médecin pourrait aussi vous dire : «Votre femme était irremplaçable. Mais je pense que la seule chose à faire, pour vous en remettre, c’est de retomber amoureux. »
Mais moi j’ai perdu mon père, personne ne me dira rien, parce que pourrait-on me dire : «Votre père était irremplaçable. Mais je pense que la seule chose à faire, pour vous en remettre, c’est d’en trouver un autre. » ?
Vous pourriez me dire que la mort fait partie du cycle de la vie, que tout le monde meurt un jour. Mais je vous répondrais que la mort NATURELLE fait partie du cycle de la vie ! Je ne suis qu’une adolescente, plus personne ne devrait vivre ce que je vis. On ne meurt plus à 42 ans, aujourd’hui 42 ans n’est que la moitié de votre vie !
Tout le monde me dit que je dois surmonter ma peine, mais qu’est-ce qu’on attend de moi ? Que ça ne me fasse rien ? Que je pleure un jour puis que je dise : « de toute façon il est mort, il ne reviendra pas, alors je passe ». Mais je n’ai pas de joker vous comprenez. Je ne peux pas crier « Pouce ! » ou « Dix ! », comme lorsque j’étais petite, il n’y a pas de bouton « down » pour remonter le temps. Ce n’est pas un jeu qu’on peut recommencer, c’est une vie ! Une vie, et je n’en ai qu’une. Et lui aussi n’en avait qu’une.
Il est mort, mais vous ne pouvez pas comprendre, c’était mon père pas le vôtre…
Et puis ça choque tout le monde que j’emploie le mot « mort ». Ils préfèrent tous dire « il est parti », « il est loin », « il n’est plus là », ils trouvent que c’est moins choquant, moins violent. Surtout devant mon petit frère de 5 ans. Mais qu’est-ce que ça change de dire la vérité ? D’employer les mots justes ? Vous croyez que contourner la réalité par des mots va atténuer les faits ? Vous croyez que mon frère n’a pas compris ? De toute façon, ça ne sert à rien de cacher les choses. On croit toujours que les petits comprennent moins vite, mais en général c’est faux, ils se rendent compte des choses qu’on leur cache. Et ça leur fait encore plus mal. Moi je lui ai tout expliqué. Ça ne sert à rien de remettre au lendemain à chaque fois. Et il a compris ce qu’il savait déjà.
Vous savez je ne suis pas là parce que j’avais envie de venir. On a pensé que forcément, j’étais mal dans la tête et que venir chez un psychologue me ferait du bien. On a pensé que tout raconter à un inconnu m’aiderait. On a pensé bêtement. Vous ne pouvez pas m’aider. Je suis la seule à pouvoir le faire excepté mon frère. Heureusement qu’il est là d’ailleurs parce que sans lui je ne pourrais rien faire. Et pourtant il est si fragile, si innocent. Sa joie de vivre ne tient qu’à un fil, il ne devrait pas avoir à vivre cela, c’est injuste. Oui me diriez-vous, mais la vie est parfois injuste. Peut-être, mais pas lui, il ne le mérite pas. Moi je peux résister mais lui il finira par s’effondrer si on ne fait rien contre. Ce n’est pas une vie ça, pas une vie…
Peut-être que si j’étais quelqu’un d’autre, je regarderais les gens dans la rue, et je penserais « Pourquoi moi ? Pourquoi moi et pas elle, ou lui, ou tous ? » et je me lamenterais sur mon sort. Peut-être que si j’étais quelqu’un d’autre je souhaiterais que ça arrive à mon pire ennemi. Mais je ne suis pas quelqu’un d’autre et je ne souhaite cela à personne, même le plus pourri du monde ne mérite pas ça. Ce n’est pas une douleur qu’on devrait de subir. C’est tellement inhumain.
Maintenant on ne me regarde plus pareil. Les gens se disent « la pauvre, elle est si jeune et elle a perdu son père. » Ils m’observent avec pitié. Leurs paroles sont mielleuses, elles sont différentes, ils surveillent leurs mots. Ils dégoulinent de gentillesse écœurante. Seul mes proches et mes vrais amis ont compris qu’il n’y a rien à changer de nos relations d’avant. Tous les autres me dégoutent avec leurs manières faussement attentionnées. Certains sont même alléchés par ce genre d’événement, ils veulent tous savoir des petits détails « croustillants ». La société d’aujourd’hui est friande de faits divers. Les journaux annoncent avec fierté leurs scoops : les meurtres de nouveaux nés congelés par leur mère, le fils qui tue toute sa famille, l’amoureux qui tabasse son ex. Mais franchement qu’est-ce qu’on s’en FOU ! Laissons donc ces pauvres gens et leur vie privé ! Le dicton qui dit « Le malheur des uns fait le bonheur des autres. » n’est pas un hasard. Des gens se remplissent la panse de ce genre d’actualité, et j‘ai envie de leur crier « Le malheur du monde ne vous suffira donc jamais, tout cela ne vous fait pas peur ? Vous savez ça n’arrive pas qu’aux autres ! » Les commères sont à vomir et on les encourage. Qu’est-ce que tout ça peut bien apporter à quelqu’un ? A quoi ça sert de médiatiser ces événements ?
A l’enterrement, quelqu’un est venu demander si l’urne serait en marbre et de quelle couleur, et de quelle taille et où elle sera placée s’il vous plait merci et que lui il l’aurait plutôt fait blanche et un peu plus grande. Et là, alors que maman pleurait presque, en répondant et en écoutant, là je n’ai pas pu me retenir. Je lui ai envoyé à la gueule qu’on s’en tapait, que franchement qu’est-ce que ça pourrait bien faire, qu’il ne pouvait pas juste se taire et avoir un peu de respect pour ma mère, qu’il ne voyait pas qu’elle souffrait le martyr, et puis qu’est-ce qu’il faisait là d’abord à part se repaitre de notre malheur, qu’il ne connaissait pas mon père, il ne lui avait parlé que trois fois dans sa vie alors qu’il parte, mais qu’il parte !
Et puis je me suis calmée. L’homme m’a lancé un regard qui disait « Pauvre fille, elle est perturbée. » puis il a regardé maman et, voyant qu’elle ne faisait rien pour contredire ma crise et le retenir, il est parti. Et j’ai regretté de m’être emportée, d’avoir craqué pour cet homme qui n’en valait pas la peine, qui ne pouvait pas comprendre et qui ne comprendrait jamais.
Aujourd’hui, je me contiens face à ce genre de personne. Aujourd’hui, je comprends un peu mieux le monde. Aujourd’hui, je voudrais qu’on arrête de s’inquiéter pour moi. Aujourd’hui je ne suis pas comme tous les autres, j’ai juste vécu un peu plus de choses que la plus part, mais il ne faut pas en tenir compte. Aujourd’hui j’ai un père que j’aime et j’en aurais toujours un, même s’il est mort. Aujourd’hui je vis normalement, comme avant, parce que c’est ce qu’il aurait voulu. Alors je pense que la moindre des choses à faire pour vous c’est de me considérer comme telle. »
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